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David Hockney, précurseur de l’art numérique

Posté le 11/06/2018

 

Fleurs, portraits, paysages du Yorkshire (Angleterre), dessins de Paris, autoportraits… les peintures numériques créées par David Hockney sur iPhone et iPad sont nombreuses. Certaines d’entre elles, en particulier celles de la série « Pictures of Daily Life » et quelques portraits et autoportraits plus récents, sont visibles actuellement jusqu’au 13 juillet prochain aux deux adresses de la galerie d’art Lelong & Co dans le huitième arrondissement de Paris. Voici donc, comme un voyage en image au cœur de l’univers numérique de ce roi du pop art, quelques-unes de ces réalisations qui donnent ses lettres de noblesse à la peinture numérique.

Visibles en version électronique sur son site web, les peintures numériques créées par David Hockney sur iPhone et iPad (le smartphone et la tablette d’Apple) depuis une dizaine d’années sont nombreuses. Elles sont rassemblées sous différents titres, « Arrival of Spring in Woldgate » pour celles réalisés en 2011 sur ses terres natales (le Yorkshire en Angleterre) ou « Yosemite-suite » pour les paysages de montagne. Mais elles sont aussi simplement regroupées par catégories : fleurs, portraits, autoportraits... Imprimées sur papier généralement en grand format (le plus souvent aux alentours de 94 x 71 cm), ces œuvres numériques sont reproduites dans un nombre limité d’exemplaires fixé d’avance par David Hockney, généralement entre sept et vingt-cinq. 

 

Des éditions numérotées disponibles dans plusieurs galeries d’art internationales. C’est certain, David Hockney est davantage connu pour ses œuvres « classiques » comme « A Bigger Splash», huile sur toile peinte en 1967 et présentée par le Centre Pompidou l’année dernière à Paris dans le cadre de l’exposition célébrant les 80 ans de l’artiste. Né en 1937 à Bradford dans le Yorkshire en Angleterre, David Hockney vit aujourd’hui principalement en Californie, à Los Angeles. Il est un des acteurs majeurs du pop art, mouvement artistique né au milieu des années 1960 auquel se rattache bon nombre de jeunes artistes contemporains, Oli Epp par exemple. Mais c’est en 2009 que David Hockney entérine une nouvelle révolution artistique en matérialisant son travail numérique à travers l’exposition « Drawing in a printing machine ». Montée à Londres chez Annely Juda Fine Arts, cette exposition présente ses premières créations réalisées sur iPhone et iPad. Celles-ci sont imprimées sur papier, avec de simples imprimantes à jet d’encre. Ce sera ensuite au tour de l’exposition « Fleurs Fraiches » montée par la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent. Présentant sur écran les œuvres numériques de David Hockney, elle en illustre la démarche en montrant, par exemple, la genèse d’un bouquet de fleurs sous forme d’une succession d’écrans qui scande les différentes étapes de création (in « David Hockney », Paris 2015, Galerie Lelong).

 

 

 

« David Hockney - Lilies » (2009) : iPhone drawing printer on paper, edition of 25 - 94 x 64,8 cm. Ce dessin est présenté dans le cadre de l’exposition « iPhone and iPad drawings 2009 - 2012 and New Photographic Drawings » organisée par la galerie londonienne Annely Juda Fine Arts, à Londres dans ses locaux du 16 juillet au 31 août 2018. Cette exposition comprend quatre autoportraits et 23 réflexions intimes sur l'environnement quotidien de l'artiste. Tous ces dessins ont été imprimés dans une taille uniforme (environ 94 x 71 cm) et insérés dans un cadre identique de bois sombre.Voir ici pour en savoir plus.

 

 

 

 

Images de l’exposition « Pictures of a daily life » visible dans les locaux de la galerie d’art Lelong & Co située au 13 rue de Téhéran à Paris dans le 8arrondissement jusqu’au 13 juillet 2018. Cette exposition est consacrée aux œuvres numériques de David Hockney réalisées sur iPad et iPhone : « Ce sont vingt-trois sujets quotidiens (intérieurs, fleurs, animaux, compotiers, objets familiers, paysages vus par la fenêtre...). L’œuvre de Hockney est une autobiographie en images : il peint ce qui l’entoure, ce qui arrête son œil toujours curieux et en éveil (…) », voir ici pour en savoir plus.

 

 

 

 

En premier plan : Self Portrait III, 20 march 2012, dessin sur iPad, 25 exemplaires, 94 X 71 cm. L’exposition « Portraits » de David Hockney est présentée par la galerie Lelong & Co dans son espace additionnel au 38 avenue Matignon à Paris dans le 8arrondissement jusqu’au 13 juillet 2018.  « Elle comporte quatre nouveaux autoportraits (faits sur iPad) et une anthologie de portraits réalisés au fil des années dans des techniques diverses (…) », voir ici pour en savoir plus. Un ordre de prix ? De 3 000 € à 200 000 € en fonction du format et de la rareté de l’œuvre.

 

 

 

Ces œuvres numériques de David Hockney ne relèvent pas du hasard. Elles s’inscrivent au contraire dans une série de recherches menées par l’artiste tout au long de sa carrière : dès le début des années 1960 David Hockney utilise la technologie des photos Polaroïd, d’abord comme aide-mémoire et ensuite comme matériaux pour réaliser ses fameuses compositions par collages très célèbres au milieu des années 1980, il s’empare ensuite quelques années plus tard des premiers photocopieurs couleur Xerox pour réaliser ce qu’il appellera des « estampes faites maison » (« home made prints »)… Si ces différents usages des « nouvelles technologies » du moment par David Hockney s’expliquent par le besoin quasi constant de l’artiste de faire évoluer son travail, une question n’en reste pas moins en suspens : dans ce monde très fermé du dessin et de la peinture conventionnelle, faut-il encore à l’heure d’aujourd’hui avoir déjà fait ses preuves pour faire reconnaître ses créations numériques en tant qu’œuvres d’art ?

 

Andrée Muller

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