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Faiseuses d’ambiance

Posté le 03/04/2018

 

Elles créent des univers mystérieux et dessinent des paysages ou des scènes de vie qui suscitent à la fois des interrogations et des rêves. Les dessins de Nathalie Duivenvoorden et de Mamma Andersson étonnent et ne laissent pas en effet indifférents. Ils se ressemblent par leur présence presque angoissante et leur pouvoir d’interpellation. Voici donc un petit voyage dans les imaginaires de ces deux artistes dont nous avons rencontré les œuvres au Salon du Dessin, fin mars au Palais Brongniart à Paris…

 

En noir et blanc, monochrome ou aux couleurs de la nuit, les dessins de Nathalie Duivenvoorden et de Mamma Andersson se ressemblent car, chacun à leur façon, ils prennent l’allure de dystopies ou de fin du monde, de récits fantastiques inachevés ou de scènes de vie au dénouement incertain... Evoquant des ambiances pleines de mystères et parfois même d’angoisse, ces dessins invitent à des voyages où le temps semble vouloir parfois s’arrêter.

 

 

 

Dessins deMamma Andersson, lauréate du 11e prix du dessin décerné par la fondation d’art contemporain Daniel & Florence Guerlain le 22 mars dernier dans le cadre du Salon du dessin. 

 

 

 

 

Née en 1962 à Lulea en Suède, Mamma Andersson s’inspire de l’univers cinématographique et théâtral. Elle dessine des paysages ou des scènes d’intérieur souvent mystérieuses. Elle évoque aussi des silhouettes ou des personnages cachés derrière des masques ou dans des positions qui ne les laissent que partiellement entrevoir (voir icisa présentation sur le site web de la Fondation Guerlain).

Créée en 1996 par le couple de collectionneurs Florence et Daniel Guerlain, la Fondation Guerlain a d’abord organisé des expositions d’art contemporain. Puis elle s’est recentrée sur le dessin en 2004. Elle a ensuite, en 2006, lancé le Prix du Dessin. Celui-ci sera décerné pour la première fois en 2007 à l’artiste suisse Silvia Bächli. Les lauréats suivants seront successivement :Sandra Vásquez de la Horra(Chili) en 2009, Catharina Van Eetvelde(Belgique) en 2010, Marcel Van Eeden(Pays-Bas) en 2011, Jorinde Voigt(Allemagne) en 2012, Susan Hefuna (Allemagne) en 2013, Tomasz Kowalski(Pologne) en 2014, Nordström(Suède) en 2015, Cameron Jamie(Etats-Unis) en 2016,  Ciprian Muresan(Roumanie) en 2017 et enfin Mamma Anderssonen 2018.

 

 

 

 

Dessins aux crayons de couleur de Nathalie Duivenvoorden exposés au dernier Salon du Dessin (mars 2018) sur le stand de la galerie Brame & Lorenceau.

 

 

 

 

Les réalisations de Nathalie Duivenvoorden étonnent par leur façon de capter la lumière. Cette jeune artiste hollandaise de 29 ans née à Leiden (Pays-Bas) trouve son inspiration dans les photographies qu’elle prend tout au long de ses voyages. Son but ? Garder des traces des lieux qu’elle traverse, des impressions qu’ils font naître, des questions qu’ils suscitent. Elle les traduit ensuite en ambiances lumineuses en jouant sur les contrastes entre l’ombre et la lumière. Des aurores boréales d’Islande aux villes qui brillent dans la nuit, elle crée avec ses crayons des effets de pénombre, et donne ainsi vie à des mondes imaginaires ancrés dans la réalité. 

 

 

Avec des prix allant de 1000 € à 2000 € selon leur format, les dessins de Nathalie Duivenvoordenfont toucher du doigt un avantage particulier, et non des moindres, du Salon du Dessin : trouver des dessins d’artistes contemporains à des prix de l’ordre du millier d’euros à côté de dessins comme le « Couple sous la pluie » de Marc Chagall présenté par la galerie Omer Tiroche, « Mademoiselle Béatrix Tapiè de Céleyran » d’Henri Toulouse Lautrec présenté par Helene Bailly Gallery ou encore « Les deux sœurs » de Marie Laurencin présenté par la Galerie des Modernes. 

 

  

 

« Couple sous la pluie », 1926, gouache sur papier noir de Marc Chagall présenté par la galerie Omer Tiroche.

 

 

 

 

 

 

« Mademoiselle Béatrix Tapiè de Céleyran », 1882, fusain, estompe et gouache sur papier marouflé sur toile, 55 x 45,5 cm d’Henri Toulouse Lautrec présenté par Helene Bailly Gallery

 

 

 

 

 

« Les deux sœurs », 1910 (plutôt 1912-1913) de Marie Laurencin présenté par la Galerie des Modernes

 

 

 

 

 

C’est cette faculté de faire des découvertes de qualité aussi bien dans l’ancien que le contemporain qui donne sa signature au Salon du Dessin : un défi entièrement réussi pour cette 27em édition de mars 2018.

 

Andrée Muller

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