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L’arbre, source d’inspiration et symbole

Posté le 25/09/2018

 

Du dernier livre de Zenon Mezenski, « L’arbre dans la peinture » au « street arbre » de Pejac dessiné sur les briques de la façade d’un immeuble du quartier de Bushwick situé à l’est de New York au cœur de Brooklyn en passant par les sculptures de l’artiste britannique Andy Goldsworthy qui compte parmi les grands noms du « Land art », l’arbre est au fil des siècles toujours aussi présent dans l’imaginaire des artistes. A la fois symbole de vie, source d’inspiration et sujet artistique, il reflète aujourd’hui tout autant les espoirs que les peurs de la société. Portrait de cet arbre devenu plus que jamais au XXIe siècle un porteur de sens en soi !

Signe d’une inquiétude grandissante face au réchauffement de la planète, besoin d’authenticité face aux excès de l’industrialisation ou encore nécessaire évolution des relations qu’entretiennent les humains avec la nature ? Quoi qu’il en soit une chose est sûre : l’arbre est devenu un sujet artistique à part entière. Symbole et porteur d’idées, il suscite des questionnements sur l’avenir de la société.

 

Un thème artistique omniprésent. Le dernier ouvrage paru, «  L'arbre dans la peinture » de Zenon Mezenski (éditions Citadelles & Mazenod, septembre 2018) met tout particulièrement en relief la grande variété des interprétations artistiques dont l’arbre a fait l’objet au cours des siècles passés. Parcourant à ce sujet l’histoire de la peinture de Giotto à Mondrian, Zenon Mezenski réalise une large synthèse qui couvre une centaine d’artistes, illustrations à l’appui. Docteur en histoire de l'art, chercheur et enseignant, Zenon Mezinski est également co-auteur avec Georges Feterman du livre « Arbres et Patrimoine » (Museo, 2016). 

 

 

 

Zenon Mezenski, « L’arbre dans la peinture », éditions Citadelle & Mazenod, septembre 2018, 192 pages, 180 illustrations couleurs, 59€.

 

 

 

 

 

Un témoin du changement. C’est dans le quartier de Bushwick en voie de gentrification au cœur de Brooklyn à New York qu’en mars dernier le street artiste barcelonais Pejaca dessiné, ou plutôt stylisé, un arbre d’une étonnante présence, comme s’il avait été fossilisé sur ce mur de briques. Pour cela, il a tout simplement peint des briques au pochoir afin de faire apparaître la silhouette de l’arbre. Entre apparition pixellisée et mémoire du passé, le but de ce « street arbre » est bien sûr d’interpeller, de déranger le passant en le questionnant sur l’évolution de ce quartier industriel en mutation et de la vie urbaine en général.

 

 

 

« Fossil » : arbre peint à l’aide d’un pochoir rectangulaire par l’artiste barcelonais Pejac sur le mur en briques d’un bâtiment de Bushwick à Brooklyn, New York. 

 

 

 

 

 

 

Un repère.Pour le pape du « land art » Andy Goldsworthy, l’arbre est avant tout une impression, un émoi. Les branches, le tronc, les feuilles sont à la fois pour lui matériaux et source d’inspiration. Cet artiste britannique né dans le Cheshire en 1956 réalise des sculptures et des installations éphémères ou permanentes qu’il intègre aussi bien dans des sites urbains qu’en pleine campagne. Voir icila bande annonce du film « Penché dans le vent » réalisé par Thomas Riedelsheimer qui présente son travail ( diffusé en France par Eurozoom). Andy Goldsworthy décrit dans ce film son rapport au monde. Il explique comment il créé à partir des éléments qu’il trouve dans la nature, comment il parvient à leur donner du sens, comment une succession de feuilles vertes qui flottent au fil de l’eau sur un ruisseau représente le flot de la vie…

 

 

Images de la bande annonce du film réalisé par Thomas Riedelsheimer, « Penché dans le vent » qui présente le travail d’Andy Goldsworthy, sculpteur britannique comptant parmi les plus grands noms du « Land art ».

 

 

 

 

 

Citons enfin pour conclure Brigitte Boudon, enseignante en philosophie et auteure du livre « Le symbolisme de l'arbre » lorsqu’elle évoque (voir ici) la jolie histoire de l’amandier : « Signe de la renaissance de la nature, cet arbre à la feuillaison printanière est aussi un symbole de fragilité car ses fleurs, ouvertes dès l'arrivée du printemps, sont sensibles au gel tardif. Chez les grecs, l'amande pressée était comparée à la semence de Zeus, en tant que puissance créatrice. On affirme même que l'Amandier remonte directement à ce Dieu et que son fruit peut féconder une vierge indépendamment de l'union sexuelle. Selon une croyance qui tient encore en Europe, la jeune fille qui s'endort sous un Amandier en rêvant à son fiancé, peut soudainement se réveiller enceinte ».

 

Andrée Muller

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