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La révolution des multiples

Posté le 18/09/2018

 

Pour sa quatrième édition, le salon « Multiple Art Days » (MAD) s’est tenu avec succès à la Monnaie de Paris le week-end dernier. Des « multiples » d’œuvres réalisées en live à Paris La Défense par les street artistes du projet Saato seront vendus sur place par la boutique éphémère Wasaa. Ces deux évènements organisés à moins d’une semaine d’intervalle mettent en relief l’importance de plus en plus grande que prennent les « multiples ».  Pratiquées par des artistes venant de domaines très différents, ces reproductions d’œuvres produites en nombre limité placent sur le devant de la scène des acteurs aux origines très diverses. Galeries d’art traditionnelles, sites de vente d’art en ligne, imprimeurs classiques, professionnels de l’impression à la demande, éditeurs d’estampes et de beaux livres : tous contribuent à construire ce segment de marché où cohabitent anciens savoirs faire et nouveaux préceptes de l’économie numérique. Présentation.

Street art, peinture numérique et autres techniques mixtes mêlant photos, dessins et technologies donnent un souffle nouveau à d’anciens procédés comme la lithographie ou l’estampe. Combinées à l’explosion des galeries d’art en ligne et à la montée en puissance de l’impression à la demande, ces pratiques de mixité donnent naissance à un segment de marché sur lequel se côtoient maisons d’éditions traditionnelles et nouveaux entrants issus de l’économie numérique. Elles font disparaître dans ce même mouvement les frontières qui séparaient il y a quelques années encore les métiers d’éditeur et d’imprimeur.

 

A la fois imprimeur et éditeur. Qu’il s’agisse de livres numérotés signés, de lithographies, d’estampes ou de peintures numériques, les multiples sont des reproductions d’une œuvre originale. Numérotées et produites en nombre limité, elles obéissent à des règles précises de plus en plus standardisées. Celles-ci incluent en particulier le tirage limité (inférieur à 30), le numéro d’identification, la signature de l’artiste, l’authentification.

 

S’il est bien évident que toute œuvre qui peut se numériser est reproductible quelles que soient les techniques utilisées pour sa création (aquarelle, acrylique, huile, encre, pastel…), les méthodes de reproduction restent pour autant nombreuses. D’où la grande variété des fournisseurs. On peut citer par exemple parmi les nouveaux entrants Print Fighter qui multiplie les supports et du côté des anciens, l’Atelier Renald Métraux qui fabrique exclusivement des estampes. Au-delà de leurs différences d’origine et de savoir-faire, ils se définissent tous deux comme étant à la fois imprimeur et éditeur. Le premier se qualifie comme « éditeur et diffuseur de la jeune création au travers d'œuvres multiples, d'éditions limitées, d'objets dérivés et culturels d'exposition ». Tandis que le deuxième a ajouté à son métier d’imprimeur ceux d’éditeur et de galeriste suivant l’idée que « produire des estampes, c’est mettre à disposition d’un large public des œuvres originales d’artistes ».

 

Multiples et street-art. Mais c’est certainement la boutique éphémère Wasaa qui symbolise le mieux à notre avis ce nouveau créneau du marché de l’art : cette galerie en ligne championne de l’art urbain, propose en effet via son site marchand des reproductions et des œuvres originales des street artistes inscrits sur son site wasaa.fr. On peut y trouver par exemple un multiple du français Dege (voir ici ), artiste dont nous avons publié en illustration de cet article une photo le représentant en train de finaliser son dessin au Underground Effect Paris 2017 de l’année dernière.

 

Ainsi à l’occasion de la quatrième édition de l'Underground Effect organisé cette semaine dans le cadre de l’Urban Week à Paris La Défense, une quinzaine de graffiti-artistes sont conviés via le Projet Saato à participer à l’événement : originaires d’une dizaine de pays différents (Canada, Colombie, France, Grèce, Mexique, Pays-Bas, Suède, États-Unis…), ces artistes réaliseront en live pendant trois jours (du 18 au 20 septembre de 10h à 19h) des œuvres qui resteront visibles jusqu’au dimanche 23 septembre. Ces œuvres seront vendues sous forme de multiples par la boutique éphémère de Wasaa installée sur place.

 

 

RETRO en train de signer un multiple : impression tirée à seulement 15 exemplaires, numérotés, signés et certifiés. Photo extraite du compte Instagram projet.saato Underground Effect.

 

 

 

 

Il est d’ailleurs possible dès à présent de suivre sur le compte Instagram de Wasaa cette quatrième édition de l’Underground Effect Paris La Défense (voir  ici ).

 

Andrée Muller

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