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Les belles surprises d’art3f

Posté le 06/02/2019

 

Héroïnes mutines de Lalou Kraffe, couples venus d’ailleurs de Robin Petier, paysages stylisés d’Antoine Henry, livres de Marie Lucie Gédon, tableaux style BD de Graphic, univers semi figuratifs de Bénédicte Lajarrige : la cinquième édition du salon international d’art contemporain art3f qui s’est tenue le week-end dernier à Paris au parc des expositions de la Porte de Versailles offrait de bien belles surprises. Présentation de ces œuvres, du travail et de ces artistes qui, chacune et chacun à leur façon, témoignent de la vitalité et de la diversité de l’art d’aujourd’hui…

Que leurs ateliers soient en Auvergne, dans le Vaucluse, en région parisienne ou encore en Belgique, le travail des artistes peintres et galeriste rencontrés à l’occasion du salon international d’art contemporain art3f de Paris  relève de styles, d’inspirations et d’approches très différentes les unes des autres. Voici, par ordre alphabétique (par ce que nous n’en avons pas trouvé d’autres !) ces différentes interprétations de l’art contemporain.

 

 Sur le stand de Marie Lucie Gédon au salon art3f Paris 2019

Des livres qui s’envolent. Une pile de livre qui tombe. Des livres ouverts. Des livres fermés… Toutes les toiles que Marie Lucie Gédon présente sur son stand à art3f  représentent des livres : « Je suis une obsessionnelle, avoue-t-elle. Quand j’ai quelque chose en tête, je continue jusqu’à l’ennui ». Toutefois les livres ne sont pas pour elle une simple obsession passagère. D’abord parce qu’elle aime beaucoup la lecture, et les vieux livres en particulier. Ensuite, parce que cette envie de faire du livre un thème artistique s’inscrit dans un processus global. « A une période, je faisais des nus, raconte-t-elle. Mais on m’a dit, « je ne peux pas accrocher ce type de tableau dans mon salon ». Alors j’ai habillé mes nus de tissus et j’ai fait des drapés, de plus en plus de drapés. Puis j’ai ajouté un livre, un deuxième… » In fine, Marie Lucie Gédon s’est mise à faire du livre un sujet artistique en soi. « Mais je me sers toujours d’un modèle », ajoute-t-elle. Ainsi dans son atelier de Grisy-les-Plâtres en Ile de France, elle installe et prépare ses livres à peindre comme on prépare un voyage vers des terres inconnues.

 

Sur le stand d’Antoine Henry au salon art3f Paris 2019

Représentant des collines, des maisons, des musiciens, des portraits… les huiles sur toile d’Antoine Henry sont reconnaissables dans la justesse des traits, l’impression de pureté qu’elles dégagent et surtout dans la façon dont les couleurs sont posées. Il obtient cette peinture « creusée dans le frais »comme il la qualifie lui-même, en réalisant d’abord sur la toile un premier fond clair et coloré. Il applique ensuite un deuxième fond, sombre celui-ci. Puis il creuse les dessins au couteau. « Après plusieurs couches supplémentaires sur le fond, je travaille les couleurs en posant la peinture presque sans aucun liant, précise-t-il. Il y a juste les traits faits au couteau que je ne retouche pas ». Domicilié à Cunlhat en Auvergne, Antoine Henry qui a vécu quelques années au Japon y retourne régulièrement. Et de fait l’influence de la culture japonaise se retrouve dans la pureté des traits et des couleurs qui caractérise son travail.

 

 

Sur le stand de Lalou Kraffe au salon art3f Paris 2019

Elle peint à l’huile et à l’acrylique sur des panneaux de bois des femmes brunes, rousses ou blondes à l’allure mutine. Elle utilise aussi des feuilles d’or pour donner davantage de brillant à ses facétieuses héroïnes : « J’allie l’ancien et le moderne », souligne-t-elle. A la sortie de l’école Boulle d’arts appliqués dont elle est diplômée, Lalou Kraffe peint et dessine d’abord de façon académique. Elle s’intéresse ensuite au ludique en représentant des scènes de cirque. « Mais les femmes étaient déjà très présentes dans mes tableaux », précise-t-elle. Et c’est ainsi que depuis maintenant douze ans, cette artiste qui vit et travaille à Auray dans le Morbihan donne vie à de sympathiques personnages féminins : « Mon atelier est un véritable temple féminin, dit-elle. Dans mes tableaux j’émancipe les princesses en détournant les contes de fées ». Il y a par exemple Poucette qui pique la place de la princesse au petit pois et dort sur ses matelas. Mais aussi la princesse au petit pois qui se moque de sa belle mère car a trouvé le petit pois et peut donc dormir tranquille...

 

Sur le stand de Bénédicte Lajarrige au salon art3f Paris 2019

Les huiles sur toile de Bénédicte Lajarrige sont réalisées uniquement au couteau et à la spatule. « Ma peinture est intuitive,dit-elle. Je ne fais ni dessins ni croquis préalables, je n’utilise pas de photos, je ne peins ni en ville ni en pleine nature mais exclusivement dans mon atelier… C’est ma palette de couleurs qui me guide ». Auparavant, son travail était complètement abstrait. Puis, petit à petit, il est devenu de plus en plus figuratif. « Mais je ne veux pas de peinture où tout est dit, poursuit-elle. Je veux que les gens interprètent mes toiles selon leur propre sensibilité et leur propre imaginaire ». Et c’est ainsi que dans l’atelier de Bénédicte Larrige à Pernes Les Fontaines dans le Vaucluse, naissent en ce moment des toiles aux mystérieux arbres rouges…

 

 

 

Sur le stand de Graphic au salon art3f Paris 2019

« Nous travaillons avec des dessinateurs de BD, explique Patrick Lambot, manager de la galerie bruxelloise GraphicIls nous confient un dessin exclusif et nous en faisons un objet artistique ». Le résultat est époustouflant ! Réalisés selon différentes techniques, les tableaux de Graphic sont en effet étonnants de modernité, de pureté, de couleur… « Chromaluxe par exemple est une technique de transfert à haute température, poursuit Patrick Lambot. Le dessin est transféré sur une plaque d’aluminium elle-même recouverte de polymère, ce qui donne un aspect brillant et des couleurs inaltérables ». Outre cette technique de sublimation thermique où l’image fait partie intégrante du support, Graphic utilise également le procédé « Diasec© qui consiste à réaliser une impression pigmentaire sur papier d'Art (Fine art) 100% coton de 305 gr contre collé entre 2 plaques de plexiglas ». Pas de galerie physique mais un site ou sont présentés les tableaux. A visiter sans attendre !

 

 

Sur le stand de Robin Petier au salon art3f Paris 2019

L’univers bien particulier de ce jeune artiste qui habite en région parisienne, à Yerres en 91, entraîne dans un autre monde faussement naïf fait d’apesanteur, de précision et de netteté. Traits précis, couleurs bien délimitées, visages stylisés, corps sculptés, décors fleuris : les couples qui habitent ses tout nouveaux tableaux semblent venir du futur pour nous rappeler notre passé. « Je travaille à l’acrylique par superposition,explique Robin PetierJ’attends qu’une couche de peinture soit sèche avant de retravailler dessus. Et que ce soit pour le fond ou les personnages eux-mêmes, j’utilise du scotch afin d’être le plus précis possible ». Bien sûr pour atteindre son niveau de précision, Robin Petier réalise au préalable des dessins préparatoires sur papier au pastel gras ou au crayon de couleur. Ses productions précédentes, une série de pastels à l’huile intitulée « Les femmes aux fleurs » créée en 2018 (voir ici), sont très différentes des derniers grands portraits à l’acrylique de 2019 : « Ces créations n’ont rien à voir entre elles du point de vue du style, précise Robin Petier. Je débute, je me cherche ! »… A suivre !

 

De ces couples d’un autre monde de Robin Petier aux princesses d’aujourd’hui de Lalou Kraffe en passant par les paysages stylisés d’Antoine Henry, ces voyages dans les imaginaires d’artistes témoignent de la richesse et surtout de la grande diversité de l’art contemporain. 

 

Andrée Muller

 

 

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