La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Les femmes aux cheveux rouges : muses ou héroïnes ?

Posté le 15/01/2019

 

L’exposition « Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel » ouvre ses portes le 30 janvier prochain au musée Jean-Jacques Henner à Paris. Cette exposition originale rassemble sur le thème de la couleur rousse une centaine d’œuvres d’art, de « La Liseuse » peinte par Jean-Jacques Henner en 1883 jusqu’aux images de mode à l’effigie de Sonia Rykiel. En parallèle, la 46eédition du Festival International de la Bande Dessinée qui se tient du 24 au 27 janvier à Angoulême est l’occasion de rappeler que le monde de la BD n’est pas, sur ce thème, en reste non plus. De Rubine à Calamity Jane en passant par Mademoiselle Jeanne, nombreuses héroïnes à la chevelure rouge ont pris assurance et détermination au fil des ans dans le neuvième art. Et c’est ainsi que de l’art à la BD, les femmes aux cheveux rouges ont troqué parfois leur habit de muse pour celui d’héroïne. Voici donc un rapide tour d’horizon des caractères bien trempés de ces héroïnes aux cheveux couleur de feu.

Peinture, BD ou encore livres d’enfants, bon nombre de créatrices et créateurs contemporains font aujourd’hui de leurs personnages féminins aux cheveux roux des symboles de liberté, de non conformisme et de force de caractère.

De personnage secondaire à personnage principal.C’est d’abord dans la bande dessinée que la transformation de personnage secondaire à héroïne est particulièrement visible. Dans la série Gaston la Gaffe par exemple, Mademoiselle Jeanne à la queue de cheval flamboyante est simplement secrétaire au Journal de Spirou, et amoureuse de Gaston. Nettement plus active, Calamity Jane quant à elle, fait l’objet du tome 30 de la série Lucky Lukeparu en 1967. Mais c’est certainement Rubine, la détective aux cheveux flamboyants dont le premier tome est sorti en 1993 qui illustre le mieux le caractère bien trempé des héroïnes rousses de BD. Betty Barnowsky dans XIII Mysteryn’est pas mal non plus dans le style dure à cuire. Citons aussi Isabelle dont le tome 1 est paru en 1972, dans un genre tout à fait différent, mais dont le personnage est, dans son contexte, tout aussi téméraire. Enfin, dans des styles encore différents, il y a bien sûr Mary, l’amie que rencontre Isabeau dans le tome 2 desPassagers du vent, et Mariotte dans la série parallèle, Les compagnons de crépuscule dont le premier tome est sorti en 1984. 

 

 

 

Mademoiselle Jeanne dessinée par André Franquin, page 8, album R4 « En direct de la Gaffe » de la série Gaston , 46 pages,édité par Dupuis, Bruxelles, 1974.

 

 

 

 

 

Calamity Jane dessinée par Morris, photo de la couverture du N° 30 de la série Lucky Luke, 46 pages, édité par Dupuis en 977.

 

 

 

 

 

 

 

Rubine dessinée par François Walthéry, photo de la couverture du premier tome de la série, 48 pages, édité par Le Lombard, Bruxelles, 1993.

 

 

 

 

 

Mary (à gauche) et Mariotte (à droite) dessinées par François Bourgeon : Mary apparait dans le 2etome de la série « Les passagers du vent » publié par Glénat en 1980, Mariotte est quant à elle l’une des héroïnes de la série « Les compagnons du Crépuscule » dont le premier tome « Le sortilège des bois des brumes » a été publié par Casterman en 1984.

 

 

 

 

 

Isabelle dessinée par Will, photo de la couverture du tome 1 « Le tableau enchanté », 46 pages, édité par Dupuis en 1982.

 

 

 

 

 

 

Betty Barnowsky dessinée par William Vance, personnage secondaire de la série XIII qui prend de l’importance, in le 13ealbum, « L’enquête », 111 pages, édité par Dargaud en 1999.

 

 

 

 

De simple modèle à sujet.Pour les plus jeunes, il y a d’abord la Petite Poucette dessinée par Catherine Suchocka,  artiste-peintre, illustratrice free-lance et professeure d’art née en Pologne et vivant en France depuis plus de 20 ans. Inspiré du célèbre conte d’Hans Christian Andersen, le livre CD illustré par Catherine Suchocka dote Poucette d’une superbe chevelure rousse qui donne à ce petit personnage une vitalité et une détermination exceptionnelles. Les femmes de Changzheng Zhu ont, quant à elles, une chevelure brune, blonde et pour les plus nombreuses, rouge éclatante. Fortes ou fragiles, mélancoliques ou rêveuses, elles sont à la fois force et douceur : sensuelles et lovées dans des postures en arrondi, elles semblent vouloir à la fois préserver leur intimité et crier leur individualité. Artiste franco-chinoise née en 1968 à Wuhu en Chine, Changzheng Zhu a d’abord suivi des cours dans un lycée spécialisé en art, puis a poursuivi des études de stylisme à l’université. Elle obtient, deux années de suite (en 1989 et 1990 à l'âge de 19 et 20 ans), le premier prix du concours national de stylisme de la revue La Femme Chinoise. Dans un style totalement différent, les Exploratricesde Caroline Manière traduisent, elles aussi, autant la volonté de conquête que l’envie d’évasion. Filles de roi ou simples passagères ? Elles ont des postures de reine et nous interpellent autant par leur présence que par leur prestance : « Ce ne sont pas juste des personnages, précise Caroline Manière. C’est une véritable histoire sur les femmes que je déroule tout au long de ces portraits ».

 

 

Catherine Suchocka - illustration de Poucette, livre CD publié par les Editions des Braques, 21 cm x 21 cm, 36 pages avec CD inclu (32’).

 

 

 

 

 

 

Changzheng Zhu - peintures à l’huile, de gauche à droite : « Après la dance » (80 cm x 80 cm) et « La jolie pose » (54 cm x 60 cm).

 

 

 

 

 

 

Caroline Manière - « Buste de Marianoushka », œuvre originale : acrylique sur feuille de cuivre, 55 cm x 155 cm.

 

 

 

 

 

Citons enfin pour conclure Julien & Walter Kiwior : « L’introduction de la rousseur dans la peinture se fit très tardivement dans l’histoire de l’art en Europe. Il faut attendre, la constitution du groupe des préraphaélites en 1848, dans un Royaume-Uni en pleine expansion industrielle. (…) Par excellence, la femme rousse était une effigie tout à fait indiquée dans la posture de ce mouvement artistique écossais face à l’écrasant dictat de l’art officiel victorien. » (in « Beauté rousse dans la peinture alsacienne », voir ici). A rattacher à la série Outlander en référence à la chevelure flamboyante de Jamie Fraser, qu’il a transmise à sa fille Brianna...

 

Andrée Muller

 

Partager via un média social