La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Œuvres éphémères et effet de hasard

Posté le 01/10/2018

 

Street art, beach art, land art, … parmi les différentes figures de l’art éphémère, des réalisations comme celles effectuées le week-end dernier sur les plages de la Côte de Granit Rose en Bretagne ou celles réalisées à Paris dans le cadre de la COP21 en 2015 mettent tout particulièrement en avant la spécificité de ces œuvres qui est de ne durer qu’un instant - ci-dessus en illustration, les oiseaux s’appropriant l’installation de l’artiste argentin Pedro Marzorati dans le parc Montsouris à Paris. L’idée ? Plus court est le temps pendant lequel l’émotion qu’expriment les œuvres d’art éphémères est saisissable, plus cette émotion est intense… Présentation …

 

Je Qu’il s’agisse de faire participer le regardeur en le rendant complice de l’instantanéité d’une œuvre éphémère, ou d’intensifier son émotion en mettant en scène la fragilité du moment unique qu’il est en train de vivre, le résultat est toujours un peu le même : le fait que l’œuvre soit vouée à disparaître aiguise les sensibilités. Mais une œuvre qui disparaît, est toujours quelque chose de dommageable… 

 

Web et beach art. Photos et mémoire des réseaux sociaux sont les moyens trouvés par les organisateurs du  Festival d'Art de l'Estran pour résoudre cette contradiction entre éphémère et besoin de toute œuvre d’art de laisser une trace de son existence. Cela fait en effet plus de dix ans que les organisateurs du Festival d’Art de l’Estran proposent aux artistes de venir inventer, construire ou dessiner sur la plage, en toute liberté mais dans le temps d’une marée. Le résultat ? Les plages de Trébeurden, Trégastel et de l’Ile Grande sur la Côte de Granit Rose en Bretagne ont abrité pendant les deux jours du week-end dernier dessins sur le sable, installations et peintures sur les rochers. En proposant cette année aux visiteurs de participer à l’album photos du Festival, les organisateurs ont donné une autre dimension à toutes ces œuvres éphémères. Toutes ces photos répertoriées sur le web (voir ici sur le site web officiel du Festival) sont autant de témoignages de leur existence en tant qu’œuvre d’art. Elles sont de plus le moyen d’impliquer les visiteurs dans la démarche artistique, d’autant que, précisent les organisateurs du festival : « les plus belles photos prises par les visiteurs viendront alimenter l’album collaboratif du Festival de l’Estran, visible sur facebook, tumblr ou sur festivaldelestran.com. Elles pourront être sélectionnées pour enrichir la collection de bâches des promenades photographiques, et qui sait peut-être devenir l’affiche de l’édition 2019 du Festival ? ». 

 

 

 

 

Extraits du diaporama de photos prises par les visiteurs au cours du Festival de l’Estran 2018 présenté sur le site web du festival (voir ici).

 

 

 

 

 Hasard et land art urbain. Mais parfois plus que l’éphémère, c’est le hasard qui donne à l’œuvre une dimension poétique et une sensibilité supplémentaire. Un exemple ? La prise de possession totalement fortuite par des oiseaux de « Where the Tides Ebb and Flow » de l’artiste argentin Pedro Marzorati. Cette installation in-situ a été réalisée dans le Parc Montsouris à Paris dans le cadre de la COP21, conférence des Nations Unies sur le climat qui s’est tenue en France en décembre 2015. En place pour quelques semaines, elle se présentait sous la forme de 30 sculptures formant une courbe de150 mètres plongeant dans le lac. Symbolisant la montée des eaux, ce travail d’artiste avait pour but de faire prendre conscience des dangers du réchauffement climatique. 

 

Prise de possession par les oiseaux de « Where the Tides Ebb and Flow », installation de l’artiste argentin Pedro Marzorati dans le parc Montsouris à Paris. Novembre 2015 :

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les statues de Pedro Marzorati, des refuges pour conjurer la montée des eaux ? Les oiseaux du Parc Montsouris, de véritables citoyens de la planète ? Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : qu’il s’agisse des côtes bretonnes ou des espaces verts parisiens, les artistes nous offrent de bien belles images ! 

 

Andrée Muller

 

Partager via un média social