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Regards urbains

Posté le 14/05/2019

 

Ville labyrinthe, ville colorée, ville qui s’effondre, qui s’allume, qui se souvient… les représentations de la ville par les artistes contemporains sont multiples : l’américain Benjamin Sack la transforme en un cheminement perpétuel, le graveur français Jean-Baptiste Sécheret la magnifie à travers son passé industriel, Nathalie Duivenvoorden la fait briller dans la nuit, David Twose la transcende, Anne Christine Wellenstein la matérialise comme dans un songe…  Tous trouvés à l’occasion de salons d’art récents, voici une présentation en images de ces artistes d’aujourd’hui qui portent des regards différenciés sur la ville. 

 

Non spécifiques aux œuvres traditionnellement classées dans la catégorie « art urbain », les représentations artistiques de la ville par les artistes d’aujourd’hui sont très diverses. Du Salon du Dessin à Urban Art Fair en passant par les différentes éditions du salon Art Shopping, la ville - ou plus exactement l’espace urbain en ce qu’il s’oppose dans ses représentations artistiques aux paysages champêtres - semble en effet inspirer des artistes dont les approches, les inspirations et les techniques sont très différentes les unes des autres. 

 

La ville comme un cheminement. Présenté par C.R.E.A.M Galleryau salon Urban Art Fair qui s’est tenu en avril dernier au Carreau du Temple à Paris, Benjamin Sack  est un artiste américain connu pour ses dessins à l'encre et à la plume représentant des paysages urbains imaginaires, complexes, et surtout déroutants. Diplômé en beaux-arts de la Virginia Commonwealth University en 2011, il vit et travaille actuellement à Leesburg, dans l’état de Virginie aux Etats-Unis. Entre réalisme, abstraction et absurde, il utilise le langage architectural pour faire naître d’étranges cartographies urbaines où le regard se noie. Travaillant l’alliance entre l’infini et l’infiniment petit, Benjamin Sack dessine minutieusement des rues, des immeubles, des fenêtres… qui sont à la fois les détails et le tout de ses étonnantes villes en forme de labyrinthes.

 

 

 

L’urbain à l’ère industrielle. New-York, Trouville, Rome, Paris et ses bords de Seine… Jean-Baptiste Sécheret réalise des lithographies de monuments, de coins de rues ou de quartiers, dessine des paysages urbains au pastel, peint des usines et des ports marchands à la gouache, à l’aquarelle, à l’huile, à la colle et pigments… Présentés par la Galerie Jacques Elbaz au dernier Salon du Dessin au Palais Brongniart à Paris, ses dessins étonnent à la fois par leurs dimensions (ils dépassent parfois 2 m x 2m), leur présence, leurs couleurs… Ils donnent l’impression que, dans ses lieux empreints d’histoire industrielle, le temps s’est arrêté quelques secondes pour retenir une harmonie entre le ciel et une cheminée d’usine, une grue entre des nuages... Entré à l'École nationale des Beaux-Arts de Paris en 1976, cet artiste peintre-graveur est né en 1957 à Neuilly-sur-Seine. 

 

 

 

Des lumières dans la nuit. Jeune artiste hollandaise de 30 ans, les dessins aux crayons de couleur de Nathalie Duivenvoorden étaient présentés par la galerie Brame & Lorenceau au dernier Salon du Dessin au Palais Brongniart à Paris.Diplômée de l'Université des arts HKU d'Urecht en 2011, cette photographe artiste peintre née à Leiden aux Pays-Bas étonne par sa façon de capter la lumière. Avec de simples crayons, comme une magicienne, Nathalie Duivenvoorden fait briller les villes, les routes et les banlieues à la tombée de la nuit. Elle s’amuse avec les ambiances, joue avec les contrastes entre l’ombre et la lumière, crée des effets de pénombre, guette le mystère... 

 

 

 

Du figuratif à l’abstrait. Avec sa façon abstraite de peindre la ville et une approche artistique très personnelle, David Twose invente un espace urbain futuriste où les villes semblent renaître. C’est ce qu’il appelle l’abstractivation : « J’amplifie les couleurs afin de troubler les frontières entre figuratif et abstraction ». Comme par exemple pour « Dawn », huile sur toile (70 cm x 70 cm, 2018) reprise en photo ci-contre et présentée par David Twose à la dernière édition d’automne du salon parisien Art Shopping. « Je travaille en deux temps, poursuit-il.D’abord d’après nature, puis en allant vers l’abstrait ». Immeubles colorés, ciels découpés, quadrillés, en forme de damiers ou parsemés de bulles : les villes de ce jeune artiste franco-britannique qui vit à Paris et expose actuellement à Chicago, s’émancipent de plus en plus ouvertement par rapport à leur réalité (voir ici sur son site web son travail sur l’espace urbain). 

 

 

Comme dans un rêve.Ce ne sont pas des villes de rêve que peint Anne Christine Wellenstein mais des souvenirs rêvés de villes. Ainsi ses tableaux de la série « suspension » (voir ici ) représente des immeubles, des rues, des ponts, des avenues qui semblent s’envoler dans les nuages, se fondre, s’effacer dans leur décor. Il en ressort une ambiance fantasmagorique, irréelle où l’imaginaire prend le dessus. Où l’on peut projeter ses propres souvenirs. Installée dans son atelier de Houilles en région parisienne, cette artiste peintre architecte de formation travaille par série de dix à vingt pièces, toujours à l’huile : « Quand je travaille une toile ce n'est jamais de façon isolée,précise-t-elle. Je réalise au contraire des séries, en peignant plusieurs toiles en même temps sur le même thème. Imposé par la peinture à l'huile qui demande un certain temps de séchage, ce procédé me convient bien » (voir l’article « Anne Christine Wellenstein : peindre pour s’exprimer »). 

 

 

Benjamin Sack, Jean-Baptiste Sécheret, Nathalie Duivenvoorden, David Twose et Anne Christine Wellenstein ne sont pas bien sûr les seuls à inventer de nouvelles façons de représenter la ville. Huile, aquarelle, pastel, collages, peinture numérique, techniques mixtes… bien d’autres artistes contemporains contribuent à ce renouveau du paysage urbain qui se caractérise en premier lieu par la diversité des approches et des sensibilités artistiques.

 

Andrée Muller

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