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Salon d’Automne : la grande mixité

Posté le 14/10/2019

 

Peinture, dessin, sculpture, gravure, architecture, photo… Une œuvre par artiste et près de mille œuvres exposées : le Salon d’Automne qui s’est tenu le week-end dernier à Paris était l’occasion d’un voyage extraordinaire au cœur de la création contemporaine. Le constat ? Parmi les artistes qui participent aujourd’hui à cette création contemporaine mondiale certains associent l’abstrait et le figuratif tandis que d’autres mixent les techniques et les supports. Anne Lou, Luc Dartois, Laurence Alaux, David Twose, Thierry Lefort, Hélène Guilbert… présentation de six artistes qui, chacun à leur façon, contribuent à ce décloisonnement du monde de l’art.

Créé en 1903 par une association d’artistes, ce salon parisien pas comme les autres se tient régulièrement tous les ans à l’automne, d’abord dans les sous-sols du Petit Palais puis, depuis plusieurs années, sur Les Champs Elysées. Consacré à l’art contemporain et toujours géré par un comité d’artistes élus par les sociétaires de l’Association du Salon d’Automne (reconnue d’utilité publique depuis 1920), le Salon d’Automne obéit aujourd’hui encore à son principe fondateur : « organiser une exposition indépendante dans le but de promouvoir les avant-gardes et les esprits de leur temps ». Ce qui revient à se regarder de l’intérieur pour mieux discerner les tendances du moment. Le salon retire de cette démarche une originalité toujours aussi forte : les artistes exposés sont sélectionnés par un comité de pairs, chaque artiste ne présente qu’une seule œuvre (qu’il choisit lui-même) et toutes ces œuvres sont exposées « nues » (sans cadre), à une place décidée par les organisateurs du salon. Ajoutons à cela que l’entrée est libre pour le public, que le somptueux catalogue du salon présente les œuvres de façon exhaustive et que près de la moitié des 870 artistes de cette 116e édition est originaire d’autres pays. Constat de ce regard d’artiste sur la création contemporaine mondiale : l’abstrait et le figuratif s’associent tandis que les techniques et les supports se mélangent.

 

Multiplication des supports et mixité des techniques. Les deux semblent en effet aller de pair. Impression sur métal, céramique sur toile, figurine, résine… associées aux techniques mixtes de dessin et de peinture, ces différents supports donnent naissance à des combinatoires de plus en plus diverses. Trois exemples vus à cette 116e édition du Salon d’Automne.

 

 

 

Anne Lou : « Hall d’hôtel à Paris », photographie numérique (86 x 130 cm) exposée au Salon d’Automne 2019. 

Photographe plasticienne, Anne Lou qui n’hésite pas à marier les techniques du numérique, de la photo et de la peinture, s’intéresse aussi bien aux portraits qu’à la nature ou à l’abstrait. 

 

 

 

 

 

Luc Dartois : « Nulle part », matières sur toile (60 X 95 cm), tableau exposé au Salon d’Automne 2019.

Artiste peintre né à Paris en 1970, Luc Dartois joue aussi bien avec les techniques que les matières : « La matière peut être sculptée, gravée, assemblée, collée, mélangée, projetée, combinée... Dans une toile il y a au moins autant, et même plus de techniques qu'il n'y a de matières différentes », écrit-il sur son site web.

 

 

 

Laurence Alaux : « Le premier jour (espaces) », technique mixte (160 x 200 cm), tableau exposé au Salon d’Automne 2019.

Peinture, dessin et sculpture… le travail de Laurence Alaux s’inscrit dans différentes disciplines artistiques. Cette artiste née en 1965 à Tarbes a intégré l’école de peinture Shoelcher lors d’un séjour en Martinique à la fin des années 1990. Elle travaille à présent dans son atelier dans le Sud-Ouest de la France.

 

 

 

Association du figuratif et de l’abstrait. Du figuratif réaliste à l’abstraction pure, les artistes d’aujourd’hui ne semblent pas vouloir fixer le curseur sur un quelconque point de ralliement. Un peu toutes les déclinaisons étaient en effet visibles à ce dernier Salon d’Automne. Certains artistes cultivent même l’ambiguïté entre réel et imaginaire, s’interdisant de matérialiser sur leur toile un quelconque curseur. A chaque regardant de se situer où bon lui semble, en particulier lorsque les œuvres s’inspirent de la ville. Quatre exemples.

 

 

David Twose : « Whimsical Paris », huile sur toile (100 x 100 cm) exposée au Salon d’Automne 2019.

Qu’il s’agisse de portraits ou de paysages urbains, David Twose amplifie les couleurs afin de troubler les frontières entre figuratif et abstraction. C’est ce qu’il appelle l’abstractivation : « C’est le pilier de mon art, c'est la manière dont je travaille et dont je vois », écrit-il sur son site web.

 

 

 

 

 

Thierry Lefort : « San Francisco by night », huile (200 x 200 cm) exposée au Salon d’Automne 2019.

Aujourd’hui peintre professionnel,  Thierry Lefort enseigne également la peinture à l’huile, la composition et le modèle vivant aux Ateliers de l’APSP à Palaiseau. 

 

 

 

 

 

 

Hélène Guibert : « One way », huile (116 x 89 cm) exposée au Salon d’Automne 2019.

Infographiste passionnée de photos et de dessin, Hélène Guibert crée en 2014 l’Atelier Neuf à Paris qui propose des cours « à celles et ceux qui veulent acquérir une technique de croquis rapide (…) ou entretenir leur coup de crayon ».

 

 

 

 

 

Hélène Guibert, David Twose, ou Anne Lou ne sont bien sûr que des exemples. Ils ne sont pas les seules et les seuls à jouer ni sur l’ambiguïté entre fictif et réalité, ni sur les combinatoires entre supports et techniques. Beaucoup d’autres artistes participent dans ce sens au mouvement de décloisonnement de l’art contemporain. D’autant que de nature artistique, ce mouvement est par définition international. Et c’est d’ailleurs là aussi l’un des points forts du Salon d’Automne : la moitié environ des artistes exposés à cette 116e édition parisienne sont originaires de pays autres que la France, 44 pays exactement selon les organisateurs du salon. 

 

Andrée Muller

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