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L’Atelier des Lumières, créateur d’autres mondes

Posté le 07/01/2019

 

Utiliser une œuvre d’art comme un matériau brut. La projeter sur les murs, le sol, le plafond, dans l’eau ou via des miroirs pour la faire vivre autrement. Ajouter de la musique. Donner la possibilité à chacun de se déplacer comme il l’entend… : telle est la recette d’un spectacle fascinant qui ne détruit pas les œuvres présentées mais leur ajoute au contraire mystère et faculté d’évasion. Donnant naissance à de nouvelles images et de nouvelles émotions, les créations numériques présentées par « l’Atelier des Lumières » prouve en effet qu’il existe diverses façons d’entrer dans l’imaginaire d’un artiste. Clôturée le week-end dernier, l’exposition consacrée majoritairement à Gustav Klimt laissera place à partir du 22 février prochain à « Van Gogh, la nuit étoilée »… Retour sur cette fabuleuse immersion dans l’univers du peintre viennois…

 

Artiste peignant des nus, des portraits, des paysages, Gustav Klimt était aussi dessinateur, décorateur, céramiste, lithographe… Né en 1862 à Baumgarten en Autriche, il est l'un des artistes de la Sécession (mouvement artistique comparable à l’Art Nouveau en France et au Jugendstil en Allemagne) qui a le plus influencé les milieux artistiques Viennois au début du siècle dernier. Dans l’exposition montée par l’Atelier des Lumières l’une des plus grandes difficultés était donc de ne pas trahir l’esprit des artistes de la Sécession. 

 

Pari réussi : le mariage entre peinture figurative et peinture décorative haute en couleur de la nouvelle vague viennoise était particulièrement mis en relief par cette exposition immersive principalement consacrée à Gustav Klimt. Produite par Culturespaces et réalisée par Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi, cette exposition présentait en effet, outre les œuvres de Gustav Klimt, celles d’Egon Schiele et de Friedensreich Hundertwasser. Utilisant le procédé AMIEX (Art, Music & Immersive Experience) développé depuis 2012 aux Beaux-de-Provence par Culturespaces, elle témoignait des apports du numérique dans le monde des arts : ne pas se substituer aux réalisations déjà existantes mais les enrichir au contraire en ajoutant d’autres dimensions, par exemple l’animation, la musique, la mise en perspective, l’anticipation.... Voici celles qui ont tout particulièrement retenu notre attention : 

 

Effet miroir. Ici, dans une salle dont les murs, le sol et les plafonds sont des miroirs le jeu combiné des projecteurs et des reflets accentue l’esthétique de répétition utilisée par Gustav Klimt dans plusieurs de ses tableaux. Sa façon de placer des petits cercles de couleurs à côté de ses portraits de femme en particulier est mise en valeur par cet effet miroir, autant dans la salle au miroir elle-même que par les reflets sur l’eau du bassin. 

 

Dans la salle des miroirs.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur l’eau du bassin.

 

 

 

 

 

 

Animation. La particularité ici est dans le détail qui bouge dans les tableaux. Elément se déplaçant sur un décor comme s’il n’avait pas de raison précise de se positionner à tel ou tel endroit, ce détail qui se déplace sur les murs d’un tableau à l’autre donne une touche surréaliste à l’ensemble. Il attire le regard sur lui. Son incongruité est accentuée par le fait qu’il franchit les limites des tableaux. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Perspective et projection.C’est assis sur un banc, que nous avons découvert sur le mur perpendiculaire d’à côté un autre effet du numérique : l’accentuation des perspectives. Dans la photo ci-dessous par exemple, la projection sur le mur renforce l’impression d’étrangeté du paysage de l’œuvre originale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prolongation et anticipation. Continuer une histoire ou donner à chacune ou chacun la liberté de découvrir ce qu’il veut sont encore une autre dimension apportée par le numérique. Et là, c’est la capacité à ajouter des images sur des images sans rien détruire de l’existant qui étonne le plus : Les gouttes d’eau de la toile tombent sur les murs… et se transforment en flaques d’eau sur le sol !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rappelons enfin pour conclure que l’Atelier des Lumières est le premier centre d’art numérique parisien. Situé dans les locaux d’une ancienne fonderie de fer du XIe arrondissement, il a ouvert ses portes en avril 2018 avec en inauguration cette exposition immersive consacrée à Gustav Klimt et aux artistes de la Sécession : un coup de maître !

 

Andrée Muller

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