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Une BD pour les vacances

Posté le 19/06/2017

 

Mermaid Project est une vraie BD avec une vraie histoire, un vrai scénario, de vrais personnages, de vrais gentils, de vrais méchants… Bref, tous les ingrédients pour passer un agréable moment de lecture. Cerise sur le gâteau : l’histoire se termine réellement avec le tome 5, sorti en février dernier. Et comme par ailleurs elle donne envie de regarder autrement la mer et ses occupants, elle est un bon exercice de préparation aux vacances d’été. 

Pâlichonne et maigrichonne, Romane est une jeune femme parisienne inspectrice de police dont l’enquête sur la disparition d’un corps va la conduire successivement à new York, au Canada puis au Brésil où se trouve le siège de la société de production de méthane à partir d’algues Algapower. Cette multinationale d’origine américaine mène secrètement d’horribles recherches sur les mutations génétiques… Voilà pour la trame. Cette histoire qui se déroule au milieu du XXIe siècle sur toile de fond d’un vieux monde occidental en déclin car il n’a pas su gérer ses ressources naturelles, inverse les données géopolitiques de la planète.

 

Un jeu d’inversion. De la destruction du « modèle blanc » dominant à un ordre social et environnemental inversé, le monde de Mermaid Project jongle avec les valeurs sociétales du début de notre XXIe siècle. Les méchants de l’histoire sont les dirigeants d’Algapower. Appartenant à un groupe de militants blancs souhaitant rétablir la prédominance de la race blanche et des religions chrétiennes, ils mènent des recherches génétiques sur les dauphins en vue de les transformer en ouvriers dociles affectés à l’entretien de leurs immenses champs d’algues. Ces recherches vont ensuite les conduire à travailler sur les mutations génétiques des humains : c’est le très secret Mermaid project (projet Sirène) auquel Romane va s’attaquer tout au long des cinq épisodes de la série.

 

Les rues inondées de Manhattan et les monuments en ruine de New York et Paris placent les lecteurs dans le monde futuriste d’après crise de Mermaid Project.

 

 

 

 

Une héroïne pour héros. Dessins de Fred Simon (dessinateur entre autres de la série Rails) et scénario co-écrit par Léo et Corine Jamar, la BD Mermaid Project éditée par Dargaud est le résultat de cinq années de travail ! L’initiative revient à Léo -Luiz Eduardo de Oliveira de son vrai nom-, auteur renommé de la série Aldébaran dont le premier album a été publié en 1993 et qui se poursuit encore aujourd’hui à travers la collection des Mondes d’Aldébaran (Bételgueuse, Antares et Survivants). Impressionné par le premier roman de Corine Jamar, Emplacement Réservé (voir ici sur le site de l’éditeur Le castor Astral) où elle fait parler la maman d’un enfant en situation de handicap, Léo lui propose au début des années 2010 de co-écrire avec lui une BD dont le personnage principal serait une femme. Ensuite, tout s’enchaîne : discussions, prises de notes, tri des idées, synopsis, construction d’une histoire où les cétacés, les dauphins en particulier, occupent une place de choix…

 

 

Dessinée par Fred Simon, Romane est une fille « normale » : « Donc pas de physique de bimbo et des cheveux blonds, voilà les éléments de départ. Elle est arrivée tout de suite, au premier croquis », présente-t-il ainsi lui-même son personnage dans l’épisode 5 de Mermaid Project.

 

 

 

 

 

A la fois féministe et écologique, Mermaid Project est donc aussi en quelque sorte une autre façon d’appliquer la désormais célèbre formule « make our planet great again »…

 

Andrée Muller

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